Parmi les signes de la résurrection, il y a le « vide » du tombeau. De ce vide jaillit un silence sonore. Il n'y a rien à voir au matin de Pâques, sinon une parole qui ouvre sur le large : « Il vous précède en Galilée...» Il n'y a rien à constater, sinon un vent de liberté ; soit un espace qui appelle la responsabilité. A relire les Evangiles, on s'aperçoit que Jésus a toujours privilégié le vide comme mode de subversion ou de résistance. Il s'échappe quand la foule le pressait de trop près ; il ne s'attarde jamais dans les villages qu'il traverse ; il se retire à l'écart pour prier ; il se tait quand Pilate lui demande s'il est le roi des juifs. Et au cours de son dernier repas, il quitte la table pour laver les pieds de ses disciples. Que laisse-t-il de lui à ce moment-là, sinon une chaise vide ? Une place que personne ne devra occuper désormais car le suivre exige qu'on se lève de table, à son tour, pour servir les plus petits...

Le vide du tombeau nous invite à accueillir autrement le silence, l'absence ou tous les vides que nous ne supportons pas. Il se pourrait qu'ils deviennent, si nous apprenons à les apprivoiser, les prémices d'une singulière dissidence, celle de ceux qui luttent contre toutes les formes de totalitarisme arrogant et violent. Le vide du tombeau nous appelle à lire entre les lignes, à écouter entre les mots, à regarder ce qui ne se voit pas. Car, il se passe quelque chose dans les interstices : l'entrée en scène du sens. Se pourrait-il que le vide de Pâques soit cette brèche primordiale sans laquelle l'écriture de nos vies resterait lettre morte ? Alléluia.

P. Serge Gougbèmon, ss.cc   Aumônier de Réseau Picpus

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