|
> Individualismes et communautarismes, quels horizons aux Etats-Unis et en France ? de Jean-François Petit, Bayard, 2007. Rencontre du 18 novembre 2007, en présence de l'auteur.
On peut avoir l’impression que le monde contemporain a, dans les sociétés développées, exclusivement favorisé une expansion sans limite des individualités qui, désormais, seraient rebelles à tout encadrement social, politique, voire étatique, au profit unique d’un consumérisme exponentiel. Les réactions communautaristes seraient alors une réaction face au relativisme généralisé des valeurs. L’auteur prend le contre-pied de cette opinion en faisant valoir que le souci d’une solidarité citoyenne est toujours présent et, même croissant, que, face à la globalisation, le processus d’universalisation des valeurs n’est pas d’emblée voué à l’échec, pas davantage l’exigence politique d’une participation active à la vie démocratique. Ces mouvements sont observables aujourd’hui aux Etats-Unis, alors qu’en France demeure très prégnant le modèle classique d’un rayonnement quasi automatique de valeurs qui acceptent mal les exigences de la discussion et le conflit nécessaire des interprétations. Nous ne sommes donc pas face à une simple alternative - différentialisme radical ou universalisme utopique - mais au début d’une véritable reconquête des vertus publiques.
Jean-François Petit enseigne la philosophie à l’Institut catholique de Paris. Membre de l’Association des amis d’Emmanuel Mounier, il collabore régulièrement aux pages " Livres " du journal La Croix.
> Nous, Fils d'Eichmann, de Gunther Anders, Livre de Poche, 2003. Rencontre du 30 septembre 2007.
Les deux lettres ouvertes de Günther Anders adressées au fils d’Adolf Eichmann constituent un petit traité, avec mode d’emploi, sur la condition humaine aujourd’hui, considérée sous l’angle d’une catastrophe à répétition, qui entraîne l’obsolescence toujours croissante de l’humain lui-même. L’homme apparaît ici, de nouveau, comme le détenteur d’une capacité de production infiniment supérieure à sa capacité de représentation, et tout aussi bien à sa capacité de sentir. Dans ce contexte, l’idée même de responsabilité se trouve profondément atteinte ou profondément pervertie, de sorte que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, des enfants d’Eichmann. Plus exactement, nous sommes tous devant un choix comparable à celui auquel Günther Anders confronte le destinataire de ses deux lettres : le choix de la continuité ou de la rupture. Un choix d’autant plus urgent que se réduit de jour en jour la marge de jeu dont dispose l’humain dans le monde tel qu’il devient.politique et social caractérise selon lui le mouvement de modernité des sociétés occidentales.
> Saison 2011-2012 > Médiathèque
|
> Du consentement, de Geneviève Fraisse, Editions du Seuil, 2007. Rencontre du 29 avril 2007, en présence de l'auteur.
Peut-on faire du consentement un argument déterminant dans nos décisions publiques et nos comportements sociaux ? Est-ce un argument, voire un acte politique ? Sur cette idée paradoxale, le groupe Lire aux Eclats s’est retrouvé autour de Geneviève Fraisse, venue présenter son livre Du Consentement. Philosophe, directrice de recherche au CNRS et ancienne députée européenne, Geneviève Fraisse est une spécialiste des questions d’égalité des sexes. Elle a évoqué pour nous l’histoire du mot "consentement", et les limites d’une éthique fondée sur ce principe. "Que fait-on du consentement des dominés et des dominants à accepter la hiérarchie et l’inégalité ?", s’interroge-t-elle. Après avoir brossé un riche tableau des vertus, des défauts et des ambitions du consentement depuis l’époque moderne, Geneviève Fraisse conclut en contestant sa valeur morale, à partir de deux exemples qui sont au coeur des débats contemporains : le port du foulard et l’exercice de la prostitution.(...) 
> Caricaturer Dieu ? Pouvoirs et dangers de l’image, de François Boespflug, Bayard, 2006. Rencontre du 11 mars 2007.
Sous son titre un peu provocateur, cet ouvrage est un beau livre politique, politique en tant qu’art de vivre en société dans la paix et le respect mutuel. Et ce n’est pas un hasard si le thème qui introduit cette perspective politique est celui de l’image que les hommes, de quelque culture qu’ils soient, se font de leur Dieu et de sa représentation.
> Individu et technologie, de Stanislas Breton et Bernard Baudry, L'Harmattan, 2005. Rencontre du 21 janvier 2007, avec Bernard Baudry.
Cet ouvrage soulève beaucoup d’interrogations sur la base des connaissances, des informations et des réflexions qui nous sont livrées. Elles touchent tant à la nature de l’homme-individu qu’aux risques que font courir à son intégrité et à sa caractéristique affirmée, la liberté, le développement des sciences physiques et cognitives.
> Agenda 2011-2012 de Réseau Picpus
|