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De retour...

En attendant le montage vidéo, l’exposition photo et la mise en oeuvre de notre carnet de voyage, voici un trop court "compte-rendu" de notre séjour. L’aventure a été belle, forte, enrichissante pour chacun d’entre nous. Un merci tout particulier à Serge pour son accompagnement : sans lui, notre rencontre avec le Bénin n’aurait pas été la même. Merci aussi aux équipes béninoises qui nous ont si bien accueillies. Rendez-vous le 4 octobre à Picpus pour en savoir plus !

Un projet en trois volets
L’échange solidaire 2009 de Réseau Picpus avait pour fondement trois volets indissociables : rendre un service, mais de telle sorte que ce service soit vécu comme un prétexte pour la rencontre avec l’autre (tant du côté français que béninois), vivre une expérience spirituelle. Concrètement, cela s’est manifesté par une répartition en trois services : soutien scolaire et animation avec les enfants sur les paroisses de la Ste Famille de Djidjé et de Marie-Auxiliatrice de Ménontin et contribution à la réalisation du site internet du diocèse de Cotonou avec l’équipe de la Croix du Bénin.

Nos attentes à travers ces services : « découvrir une nouvelle culture, une façon différente de voir la vie » (Nicolas), « être avec des enfants, vivre quelque chose au sein de notre groupe » (Evelyne), « vivre une expérience d’Eglise dans un contexte différent » (Antoine), « aller à la rencontre des gens » (Magali). Ces attentes expriment un souhait plus profond et existentiel : celui d’aller à la rencontre de l’autre, différent de nous, au-delà de nos préjugés, de nos idées reçues, de nos images de l’Afrique véhiculées par notre société. Accepter de se laisser bousculer et surprendre, de se confronter à nos limites.

Serge Gougbèmon

Résultat ?

De l’avis de tous, les français ont su faire preuve d’adaptation… ouf ! « J’ai été surprise que les français se soient si vite familiarisés avec les enfants. Cela m’a émerveillée » tient à souligner Viviane Ahossi, présidente du groupe des lecteurs juniors à la Sainte Famille. Arnaud, de Ménontin, confirme : « J’ai apprécié la manière dont les français se sont mobilisés et très vite adaptés ». Inversement, les béninois ont, avec bienveillance, accepté de s’adapter aux programmes très cadrés préparés par les français ! En une après-midi, un programme commun avait pu être élaboré par les groupes d’animation.

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Groupe Ménontin

Concernant le soutien scolaire, et côté français, la pédagogie béninoise, parfois très autoritaire, a beaucoup surpris, le nombre d’élèves par classe aussi. Cela a permis des échanges sur nos pédagogies respectives. Mais cette expérience d’apprentissage a surtout permis à certains d’entre nous de se découvrir de nouveaux talents et de prendre confiance en eux … Pour cette opportunité offerte, merci. Boris Zohou, secrétaire général du bureau de la coordination de la jeunesse paroissiale à la Ste Famille, estime lui que « Réseau Picpus nous a apporté un plus dans la méthode de l’enseignement, en matière d’ouvrages scolaires. Ils nous ont aidé à mieux cerner l’approche par compétence. » Même si l’accent français n’est pas toujours facile à saisir !

Les animations de l’après-midi ont elles aussi révélé nos différences pédagogiques, notamment dans notre rapport à l’enfant. Si en France, parce que nous considérons que l’activité ludique contribue au développement et à l’épanouissement de l’enfant, nous avons l’habitude de jouer avec les enfants, ici au Bénin, cette pratique apparaît parfois étrange ! Arnaud, à Ménontin a « été marqué par les après-midi avec les enfants et toutes les activités proposées. Car il n’y en a pas ici … j’ai beaucoup appris ». De même Viviane, sur la Ste Famille, ne s’attendait pas à tant de jeux : « notamment sur la façon de s’exprimer, la nécessité de s’ouvrir aux autres. Cela a beaucoup aidé les enfants à s’extérioriser. Je vais me resservir de tout cela, dans mes prochaines sessions. »

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Groupe Ste Famille

Les français ont eux reçu bien plus qu’ils n’ont donné. « J’ai été touchée par la relation avec les enfants. Au début, nous apparaissons comme des bêtes rares, nous étions des yovos. Puis au fur et à mesure, la relation s’est tissée, les enfants nous ont appelés par nos prénoms, se sont approchés. Leur amour gratuit m’a beaucoup touché. » (Evelyne)

De son côté, l’équipe du site internet a été amenée à sillonner les paroisses du diocèse pour commencer à alimenter les pages du site internet du diocèse (www.diocese-cotonou.org). « Ce volet du projet nous a permis d’apprendre plein de choses auxquelles nous ne nous serions pas forcément intéressés » (Magali). Ainsi, en contribuant à l’élaboration d’un outil pastoral puissant, nous avons eu la chance de découvrir l’Eglise du Bénin et eu l’occasion de belles rencontres, tant avec les abbés qui nous accompagnaient qu’avec les communautés locales visitées.

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Groupe MédiaM

Pour Antoine, cela a été une prise de conscience : « l’Eglise catholique joue un rôle prépondérant dans le développement de ce pays. Il est frappant de constater que dès que l’on arrive dans une institution d’Eglise, tout est propre, ordonné, beau. Cela a une répercussion sur la population. L’Eglise est moteur du développement économique » (Antoine).

Ségolène a elle été marquée par la vitalité de l’Eglise du Bénin : « Ici, on créé des paroisses, les chrétiens ne cessent d’augmenter. Chez nous, les Eglises meurent. Notre dynamique est celle du repli, contrairement à celle du Bénin : il y a une foisonnement de nouvelles activités, de nouveaux projets. En France, nous avons du mal à renouveler nos formules ».

C’est sur place que notre équipe a mesuré l’ampleur du site et l’implication des jeunes. Notre souhait ? Que le site continue de se développer, qu’il soit consulté régulièrement par les chrétiens cotonois, et que nous puissions depuis la France suivre l’actualité du diocèse de Cotonou.

Au final, que retenir ?

Chacun a pu, à sa mesure, apporter sa pierre à cette rencontre. La rencontre culturelle ne peut être théorique, elle doit se vivre. Si, au cours de notre préparation, nous opinions tous naturellement sur le fait qu’il nous faudrait nous adapter, être à l’écoute, ne pas juger, le vécu nous a révélé que ce n’est pas si simple. Par le vécu, nous sommes confrontés à nos propres limites et à nos préjugés, nous sommes bousculés par ce que l’autre nous renvoie de sa réalité effective, il nous faut nous déplacer.

A l’heure de notre départ, le Bénin est désormais pour nous synonyme de : disponibilité, spontanéité, accueil, diversité, développement, désir d’aller de l’avant, vitalité… Et comme le dit Ségolène, « avant, je cherchais à comparer. Aujourd’hui, j’ai compris que cela ne sert à rien. Ici, c’est juste différent ! » Nous partons le cœur plein de souvenirs et de visages, et, tous, nous espérons pouvoir revenir un jour.

Rendez-vous le dimanche 4 octobre, 11 h, à Picpus pour découvrir tout en détail

 

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  • 17/10/2010 Lire aux Eclats : première rencontre 2010-2011

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